Une vue d'ensemble
- Nécropole parisienne : Deuxième plus grand cimetière de Paris, le cimetière Montparnasse s’étend sur 19 hectares dans le 14e arrondissement.
- Sépultures célèbres : Lieu de repos de grands esprits comme Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Charles Baudelaire et Serge Gainsbourg.
- Monuments funéraires : Abrite des œuvres d’art funéraire majeures, dont Le Baiser de Brancusi et la tombe colorée de Ricardo Menon.
- Visite cimetière : Accès gratuit et ouvert tous les jours, avec des plans disponibles pour localiser les tombes emblématiques.
- Quartier Montparnasse : Idéal pour prolonger la balade avec la Closerie des Lilas, le marché de la rue Daguerre et le parc Montsouris à proximité.
Alors que les boulevards extérieurs vrombissent de modernité, le cimetière du Montparnasse préserve un silence où se transmet l’histoire des grands esprits du XXe siècle. C’est ici que la pensée française a trouvé ses racines, loin du tumulte. Un lieu où chaque allée raconte une époque, chaque pierre une vie. Pas besoin d’être un mélancolique pour ressentir cette vibration particulière - entre recueillement et fascination.
Guide pratique pour une déambulation culturelle réussie
Situé en plein cœur du 14e arrondissement, le cimetière du Montparnasse est accessible par plusieurs entrées, dont celle du 3, boulevard Edgar-Quinet, la plus fréquentée. Ouvert tous les jours, ses horaires varient selon les saisons : généralement de 8 h à 17 h 30 ou 18 h, avec un peu plus de lumière en été. L’accès est libre et gratuit, une rareté dans Paris pour un site de cette ampleur. Une atmosphère paisible s’impose dès les premiers pas, entre cyprès centenaires et allées bordées de granit.
Le site couvre environ 19 hectares, ce qui en fait la deuxième plus grande nécropole parisienne après celle du Père-Lachaise. Pour ne pas s’y perdre - et surtout ne rien manquer - mieux vaut demander un plan papier à l’un des bureaux de conservation situés près des entrées. Ces documents, souvent gratuits, permettent de localiser rapidement les sépultures emblématiques. Le réseau de transport en commun est bien desservi : métro Denfert-Rochereau (lignes 4, 6 et RER B), puis quelques minutes à pied suffisent pour rejoindre l’entrée principale.
Accès et informations logistiques
Pour prolonger cette balade historique vers les Catacombes ou le Lion de Belfort, il suffit de rejoindre le quartier voisin de Denfert-Rochereau. Ce carrefour stratégique offre non seulement un accès souterrain aux ossements de six millions de Parisiens, mais aussi une statue imposante du Lion de Belfort, œuvre d’Auguste Bartholdi. En sortant du cimetière, on peut donc facilement enchaîner avec une plongée dans l’histoire souterraine de la capitale ou simplement flâner autour de cette place chargée de symbolisme.
Se repérer dans la nécropole parisienne
Le cimetière est divisé en deux parties - grand et petit cimetière - par la rue Émile-Richard, qui traverse le site comme une frontière vivante. Cette particularité géographique oblige parfois à sortir et revenir, ce qui surprend au premier abord. Les plans indiquent clairement les numéros de division, utiles pour suivre un itinéraire thématique. Certains visiteurs partent à la recherche de leurs homonymes, d’autres suivent des parcours littéraires ou artistiques. Une bonne paire de chaussures confortables est de rigueur : on marche beaucoup, parfois sur des chemins irréguliers.
Les sépultures des icônes de la littérature et de la pensée
Ici, la philosophie n’a pas cessé de parler. Elle murmure entre les stèles, surtout près de l’entrée principale, là où reposent deux figures incontournables du XXe siècle : Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Leur tombe commune, sobre et toujours fleurie, attire autant les étudiants en philo que les curieux du monde entier. On y trouve souvent des petits mots, des tickets de métro usagés, parfois même des cigarettes - hommages discrets à une relation intellectuelle et amoureuse hors norme.
À quelques pas, Charles Baudelaire repose dans une concession familiale discrète, contrastant avec la puissance de son œuvre. Mais c’est un cénotaphe, placé entre les deux sections du cimetière, qui incarne le mieux sa figure de poète maudit. Sculpté par Auguste Rodin, il porte l’empreinte du génie tourmenté. D’autres écrivains, moins connus du grand public mais tout aussi importants, sont honorés ici : Marguerite Duras, Eugène Ionesco, ou encore Alfred Jarry, père d’Ubu Roi. Chaque nom gravé résonne comme une invitation à rouvrir un livre.
Le duo éternel : Sartre et Beauvoir
Leur amour fut philosophique, passionnel, libre. Aujourd’hui, leur tombe est un lieu de pèlerinage intellectuel. Les inscriptions sont sobres, presque austères, mais l’émotion est palpable. Des citations de Beauvoir sur la liberté ou de Sartre sur l’engagement parsèment parfois le sol, déposées par des lecteurs émus. Bref, un moment fort, même pour ceux qui n’ont jamais lu Le Deuxième Sexe.
Charles Baudelaire et les poètes maudits
Baudelaire n’a pas eu droit à un monument funéraire extravagant, mais son aura dépasse largement sa simple pierre tombale. Le cénotaphe, lui, est une œuvre d’art à part entière. Il symbolise cette tension entre beauté et douleur, propre au romantisme noir. Autour de lui, d’autres poètes ont trouvé refuge - certains oubliés, d’autres redécouverts. Une promenade ici, c’est aussi une plongée dans les marges de la littérature officielle.
Comparatif des monuments funéraires remarquables
Loin des stèles uniformes, certains monuments du Montparnasse élèvent la mort au rang d’œuvre d’art. La sculpture funéraire y est traitée comme un langage visuel, parfois énigmatique, souvent bouleversant. Parmi eux, Le Baiser de Constantin Brancusi tient une place à part. Réplique d’une sculpture exposée au Musée d’Orsay, elle orne la tombe de la princesse Marie Bonaparte, psychanalyste et mécène. Pureté des formes, absence de détails superflus : c’est l’essence même du moderne.
L'art sculptural au service de la mémoire
Brancusi a réussi à condenser l’amour, la mort et l’éternité en une masse de pierre polie. D’autres artistes ont joué avec les matériaux, les symboles, les couleurs. Le contraste entre les tombes classiques et ces pièces contemporaines crée un dialogue entre les époques. Certaines familles ont choisi des hommages personnels, parfois surprenants, reflétant la singularité du défunt.
Insolite : la tombe de Ricardo Menon
Même si elle ne fait pas partie des plus célèbres, la tombe de Ricardo Menon, comédien et metteur en scène, attire l’œil. Colorée, décorée de masques et de motifs théâtraux, elle rompt radicalement avec l’austérité ambiante. Un clin d’œil joyeux à une vie passée sur les planches. C’est ce genre de détail qui donne au cimetière son âme bohème - une touche d’humour face à l’inévitable.
| 🎨 Œuvre / Artiste | 🪦 Type de monument | 🎨 Style artistique | ✨ Particularité visuelle |
|---|---|---|---|
| Le Baiser - Constantin Brancusi | Cénotaphe funéraire | Abstraction moderne | Forme elliptique lisse, sans traits distinctifs |
| Tombe de la famille Pigeon | Monument familial | Néo-classique | Colonne brisée symbolisant une vie interrompue |
| Tombe de Ricardo Menon | Stèle personnalisée | Théâtral / Fantaisiste | Décorations colorées, masques, inscriptions humoristiques |
L'héritage artistique : de Gainsbourg aux nouveaux réalistes
Si la philosophie règne en maître, l’art populaire n’est pas en reste. Nulle part ailleurs à Paris on ne sent aussi fort la présence de Serge Gainsbourg. Sa tombe, modeste, est devenue un autel vivant. Couverte de mégots, de bouteilles vides, de choux (en référence à sa chanson Je suis venu te dire que je m’en vais), elle témoigne d’un culte populaire unique. Les fans viennent y chanter, y rire, y pleurer. C’est touchant, un peu fou, totalement dans l’esprit du personnage.
Au-delà, le cimetière abrite d’autres artistes visuels, comme César, figure du Nouveau Réalisme, ou Niki de Saint Phalle, dont la tombe arbore un chat multicolore en mosaïque. Ces hommages colorés tranchent avec la grisaille habituelle des pierres tombales. Ils rappellent que Montparnasse fut, au XXe siècle, un centre artistique majeur, rivalisant avec Montmartre. Ici, même la mort aime l’audace.
Le pèlerinage sur la tombe de Serge Gainsbourg
On ne vient pas ici pour se recueillir dans le silence. On vient pour faire la fête à sa manière. Les rituels sont improvisés mais récurrents : un joint allumé, une chanson fredonnée, un dessin laissé sur la pierre. C’est un lieu vivant, presque provocant - comme lui. Et ça, c’est plutôt beau.
César et Niki de Saint Phalle
Leurs œuvres ont marqué l’art moderne, et leurs sépultures en portent l’empreinte. César, connu pour ses compressions de voitures, repose sous une stèle sobre, tandis que Niki, adepte du kitsch vibrant, a choisi un hommage joyeux. Son chat en mosaïque semble veiller sur elle, ironique et tendre. Ces contrastes font tout le charme du lieu : chacun y laisse ce qu’il veut - sobriété, folie, humour.
Prolonger l'expérience dans le 14e arrondissement
Une visite au cimetière du Montparnasse ne s’arrête pas à la sortie du portail. Le quartier entier respire la même atmosphère d’intellectuel en vadrouille, de créateur discret, de village intra-muros. Juste à côté, la Closerie des Lilas, brasserie mythique fréquentée par Hemingway, Aragon ou Modigliani, invite à une pause café comme au temps de la Rive Gauche. Ses banquettes rouges, ses vitraux, son calme relatif - tout y est.
Un peu plus loin, le marché de la rue Daguerre offre une immersion totale dans la vie quotidienne parisienne. Fromagers, bouchers, poissonniers : l’authenticité y est intacte. Prendre un pain, un fromage, et s’installer sur un banc du parc Montsouris, c’est goûter à l’âme du 14e. Ce jardin à l’anglaise, avec son lac, ses pelouses et ses allées ombragées, était autrefois un lieu de promenade pour les penseurs du coin. Il l’est toujours.
De la Closerie des Lilas au Parc Montsouris
Entre littérature, politique et romance, cette brasserie a tout vu. Même aujourd’hui, on y croise des écrivains, des traducteurs, des amoureux attablés. Commandez un demi et un croque-monsieur : vous serez dans la peau d’un habitué des années 30. Ensuite, une petite marche jusqu’au parc Montsouris, c’est l’idéal pour digérer, physiquement et mentalement.
L'ambiance village de la rue Daguerre
Peu de touristes, beaucoup de locaux. Ici, on connaît son boulanger par son prénom. Le marché, ouvert six jours sur sept, propose des produits frais, parfois bio, souvent excellents. Un arrêt gourmand après la visite ? C’est le bon plan. Et pas besoin de chercher une table : tout rentre dans un panier.
Ateliers d'artistes et galeries secrètes
Le long des ruelles adjacentes, on devine parfois une porte entrouverte, un atelier d’artiste invisible depuis la rue. Certains ouvrent ponctuellement au public - expositions éphémères, vernissages discrets. Suivre les petites affiches collées sur les murs, c’est parfois la meilleure façon de découvrir une scène artistique encore vivante. Montparnasse n’a pas dit son dernier mot.
FAQ
Peut-on encore se faire enterrer au cimetière du Montparnasse aujourd'hui ?
Oui, mais uniquement si l’on possède une concession familiale existante ou si l’on réside dans le 14e arrondissement. Les nouvelles concessions sont très rares, faute de place. La ville de Paris gère strictement l’attribution selon des critères de résidence et de lien familial.
Existe-t-il des visites guidées nocturnes ou thématiques ?
Des visites guidées diurnes sont régulièrement organisées par des associations culturelles, souvent autour de thèmes littéraires ou artistiques. Les visites nocturnes, en revanche, sont exceptionnelles et soumises à autorisation. Elles restent rares, mais certaines soirées spéciales peuvent être programmées ponctuellement.
Quel budget prévoir pour une visite complète ?
L’accès au cimetière est entièrement gratuit. Les plans papier, quand ils sont disponibles, le sont aussi. Comptez éventuellement quelques euros pour un café ou une glace dans le quartier, mais la visite elle-même ne coûte rien - un vrai bon plan culturel à Paris.
Comment photographier les tombes sans manquer de respect ?
La photographie est autorisée, mais avec tact. Il est conseillé d’éviter les selfies devant les sépultures, surtout celles très visitées comme celle de Gainsbourg. Privilégiez les angles larges, soyez discret, et n’importunez pas les personnes en recueillement. Respecter l’intimité des lieux, c’est la règle d’or.